A peine arrivés sur Twitter, les patrons sommés de partir ?

10 avril 2014
Nathalie Duelz

Après les avoir encouragés à peaufiner leur « personal branding » sur les réseaux sociaux, après les avoir convaincus qu’un « social CEO » améliore l’image de la marque qu’il représente, après que les patrons aient finalement cédé et créé leur compte Twitter (pour un certain nombre), voilà que leurs responsables com’ et marketing leur conseillent de faire marche arrière…

La nouvelle est tombée ce 7 avril : Serge Papin, président de la coopérative française Système U et patron très actif sur Twitter depuis 2012 arrête de gazouiller. Le compte @LaCooperativeU prend le relai. Celui de Papin a définitivement été fermé.

La raison ? « Le message y est beaucoup trop personnalisé », regrette Thierry Desouches, le responsable des relations extérieures de Système U, aux « Echos ». « Il y aura d’autres patrons de Système U après Serge Papin, il ne peut pas autant incarner le groupement à lui tout seul. » Voilà bien un argument qui va à l’encontre de toutes les théories de e-marketing que l’on nous a assenées depuis deux ans. Fini donc de « personnaliser », on « corporatise » (de nouveau).

Pourtant, en 2012, une étude menée par Weber Shandwick et KRC Reasearch estimait que 49 % de la réputation d’une entreprise dépend de celle de son CEO d’où l’importance pour celui-ci de développer son personal branding. Et quoi de mieux que les médias sociaux pour cela ? Car bien sûr, lorsqu’une personne vit numériquement, on a l’impression de mieux la connaître, on fait davantage appel à elle et à son entreprise. Cela encourage même les employés à innover selon un rapport d’Havas Media, publié aussi en 2012, case studies à l’appui.

Les patrons y ont cru. Ils ont fini par se lancer. Malgré la peur de faire des erreurs. Qui sur Twitter se paient cash. En France, un compte Twitter s’est même spécialisé dans la compilation de patrons qui tweetent : @tweetbosses. L’un de ses instigateurs, Nicolas Bordas, déclarait d’ailleurs au « Figaro » en 2013 que la frilosité des patrons vis-à-vis de Twitter serait balayée dans les années à venir. Les conseillers com’ et marketing sembleraient en avoir décidé autrement…