Le post que je n’aurais pas dû écrire

14 mars 2014

Ecrire pour ne rien dire tuera bientôt le content marketing. Le nombre de contenus augmente sans cesse et on se dirige vers un Content Shock !

A l’heure où le contenu est présenté comme la grande tendance pour 2014 en matière de stratégie marketing, les premières voix s’élèvent déjà pour évoquer une saturation de ce même contenu… C’est le cas de Mark Schaefer qui, sur son blog, rappelle que le nombre de blogs a triplé depuis 2009 ou que le volume de contenu en accès libre sur le Web double aujourd’hui tous les 9 à 24 mois en fonction de la matière qui vous intéresse.

Par contre, notre capacité à lire ces contenus est clairement limitée. Même en y ajoutant des temps de lecture sur mobile, en mangeant ou en conduisant… il existe un seuil qu’on ne pourra plus dépasser. Ce seuil est ce que Mark Schaefer a baptisé le Content Shock, le moment où un volume de contenus en croissance permanente rencontre un seuil maximum de consommation possible.

Au-delà de la considération philosophique, cette thèse défend alors l’idée que, passé le Content Shock, produire du contenu n’est plus viable économiquement. Passé le Content Shock, il sera de plus en plus difficile de garder un auditoire. Et, pour y parvenir, il faudra consacrer des sommes de plus en plus importantes au contenu.

Mark Schaefer a fait l’exercice pour son blog : s’il consacrait 5 heures par semaine en 2009 pour alimenter son blog en estimant son heure de travail à 100$, aujourd’hui, face à la pression concurrentielle, il en serait à 1.500 $ par semaine et l’an prochain, il estime qu’il devrait consacrer 3.000$ par semaine pour, simplement, garder ses lecteurs. Inconcevable mais… théorique. Mark Schaefer reconnaît lui-même qu’il est aujourd’hui impossible d’évaluer le moment du Content Shock pour chaque domaine d’activité. Mais il est certain qu’il arrivera toujours un moment où le coût de la stratégie deviendra trop élevé par rapport à ce qu’on pourra en attendre.

Pour s’en prémunir aujourd’hui et repousser au plus loin l’arrivée du Content Shock pour son activité, une seule règle : se demander à qui, précisément, on souhaite destiner son contenu pour être certain qu’il soit pertinent et intéresser ce lecteur qui vous coûtera chaque jour un peu plus cher. Le prix à payer pour gagner sa fidélité.