Le 7 février dernier, tous les médias du Royaume publiaient en ligne un contenu qui aurait pu être intéressant pour les amoureux de la cuisine, sujet viral et très à la mode s’il en est : la bibliothèque d’Anvers avait décidé de mettre en ligne une version digitale d’un livre de cuisine manuscrit du 17ème siècle. Et nos médias de reprendre une grande partie du communiqué de presse de la bibliothèque Hendrik Conscience expliquant que « les livres de cuisine de cette période sont particulièrement rares car il s’agissait d’ouvrages utilitaires (…) qui se trouvaient dans la cuisine jusqu’à ce qu’ils tombent en lambeaux et finissent à la poubelle. » Et de conclure par un dernier détail repris en chœur par tous les articles : «certains ingrédients risquaient d’être difficiles à trouver aujourd’hui. »
Certains ingrédients parmi lesquels… le livre lui-même puisqu’aucun article publié par les grands médias du Royaume ne mentionnait le moindre lien pour accéder au livre ou, au moins, à une source proche de la bibliothèque pour en savoir plus. Aucun journaliste n’avait fait l’effort de chercher l’information qui aurait pu transformer cette simple annonce en véritable contenu à valeur ajoutée pour ses lecteurs.
Au-delà du monde des médias et des journalistes, laisser son lecteur dans l’expectative à la fin d’une lecture est un constat très fréquent dans le discours des entreprises et des marques et une catastrophe en termes de Content Marketing. Quelle que soit l’information donnée, on sait qu’elle n’intéressera pas tout le monde au départ mais, si, au final, même les intéressés n’y trouvent pas leur compte, pourquoi accorderaient-ils du crédit à celui qui les laisse au bord du chemin ?
PS : Pour ne pas, à notre tour, perdre tout crédit, voici le fameux lien qui vous aurait permis de trouver ce manuscrit culinaire du 17ème et renforcé la fidélité vis-à-vis de votre quotidien en ligne…